Plaidoyer — Reparons.org × TiBillet au service des Ressourceries
Un commun numérique libre, interopérable et solidaire pour le réemploi
Candidature à l'appel à projets AFNIC 2026 — Le numérique au service d'une société plus équitable
Ce plaidoyer accompagne le dossier déposé par l'Atelier Soudé, en co-portage avec la coopérative Code Commun et le Réseau National des Ressourceries et Recycleries (RNRR) : https://www.fondation-afnic.fr/fr/Financements/Numerique-Equitable.htm
1. Ce que nous proposons en une phrase
Faire dialoguer deux communs numériques libres déjà en production — Reparons.org et TiBillet — pour doter les ressourceries, les recycleries et les structures de l'économie sociale et solidaire d'un outil intégré, gratuit, accessible, co-construit avec celles et ceux qui s'en servent.
Le projet ne part pas de zéro. Les deux outils existent. Ils sont éprouvés. Ils sont utilisés tous les jours. Le financement sollicité ne sert pas à les construire. Il sert à les faire dialoguer, à recenser les besoins du terrain, et à accompagner les premières structures qui les déploieront ensemble.
2. Le constat — des structures de la transition à bout de souffle numérique
Les ressourceries, les recycleries, les ateliers de réparation, les éco-lieux et les tiers-lieux partagent une difficulté commune : ils assument des missions d'intérêt général de plus en plus complexes, sans disposer des outils numériques adaptés à leur réalité.
Une réalité métier que les logiciels du marché ignorent
Une ressourcerie n'est pas un magasin. C'est un lieu qui collecte, trie, répare, redistribue, vend, anime des ateliers, accompagne des bénévoles, emploie des salariés en insertion, produit des données de pilotage, et sensibilise le public à la sobriété. Aucun logiciel propriétaire ne couvre cette réalité dans toute son étendue. Les structures empilent alors plusieurs outils qui ne se parlent pas entre eux : un pour la caisse, un pour les adhésions, un tableur pour la pesée, un autre pour la comptabilité.
Un coût insupportable pour des structures déjà fragiles
Les solutions du marché — Odoo, Penny Lane et leurs équivalents — facturent plus de 4 000 euros par an pour la seule fonction comptable. Pour des associations qui ne salarient pas leurs collaborateurs, ce coût est tout simplement intenable. Les éditeurs propriétaires comme GDR ou TFShop, déjà très installés dans le secteur des ressourceries, présentent en outre un suivi de développement défaillant, alors même qu'ils enferment les structures dans leur écosystème.
Le numérique, au lieu d'alléger le travail des associations, en aggrave la fragilité économique.
Un public en double précarité
Les structures concernées emploient et accueillent des publics en situation de précarité, à plusieurs niveaux qui se cumulent.
D'abord, les publics finaux des ressourceries : personnes en grande précarité, jeunes en insertion, personnes isolées, ménages monoparentaux, qui trouvent dans ces lieux un accès à l'objet d'équipement à prix solidaire. Le RNRR estime à 3,5 millions le nombre de bénéficiaires touchés chaque année.
Ensuite, les salariés en insertion. Selon l'observatoire du RNRR, 62 % des salariés des ressourceries sont en parcours d'insertion par l'activité économique. Ces personnes, déjà éloignées de l'emploi, sont aussi en première ligne de la fracture numérique. Quand un outil métier est mal conçu, c'est leur autonomie au travail qui est compromise.
Enfin, les structures elles-mêmes, associations en tension financière chronique qui voient leurs marges de manœuvre s'éroder chaque année. Au sens de l'intérêt général, ce sont aussi des publics à protéger.
3. La réponse — l'interopérabilité de deux outils déjà éprouvés
Reparons.org — la plateforme libre des ateliers de réparation
Reparons.org (techniquement nommée OpenRepairPlatform) est portée par l'Atelier Soudé, association lyonnaise créée fin 2015, dix ans d'existence, prestataire d'un marché public de la Métropole de Lyon. La plateforme est en ligne depuis début 2020, soutenue par l'ADEME entre 2017 et 2020, puis par la Fondation Free en 2021. Le code source est publié sur GitHub en licence libre.
La plateforme permet aux ateliers de réparation participatifs de gérer leurs créneaux, leurs adhérent·es, leur inventaire, et de tenir un carnet de santé pour chaque appareil qui passe entre leurs mains. Elle est aujourd'hui utilisée par 21 organisations en France métropolitaine et dans les Outre-mer, et alimente une base de connaissance des diagnostics récurrents et des suggestions de réparation. Dans le cadre du programme « Linux et Populus » mené avec les Hospices Civils de Lyon, l'Atelier Soudé reconditionne 3 000 ordinateurs sous Linux à destination de publics précaires — un exemple concret de numérique mis au service de l'inclusion.
TiBillet — la boîte à outils libre des lieux de vie
TiBillet est porté par la coopérative Code Commun, société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) à trois collèges de gouvernance partagée : animateurs, contributeurs, utilisateurs. L'outil est né sur le terrain des festivals et des cafés associatifs de La Réunion, dans une logique de réponse aux besoins exprimés par les structures elles-mêmes.
TiBillet équipe aujourd'hui plus de 300 lieux et touche plus de 60 000 personnes à travers les réseaux régionaux des tiers-lieux français. Il est partenaire de l'Association Nationale des Tiers-Lieux (ANTL), de La Rosée (réseau régional Occitanie), de La Compagnie des Tiers-Lieux (Hauts-de-France) et de Relief (Auvergne-Rhône-Alpes). Il est lauréat du programme France 2030 « Billetterie innovante », et a reçu des financements de France Tiers-Lieux, des Appels à Communs et du Ministère de la Culture.
TiBillet propose une suite intégrée : billetterie en ligne, agenda fédéré entre lieux, gestion des adhésions, caisse enregistreuse tactile conforme à la réglementation, vente en ligne, cartes NFC sans contact (« cashless ») permettant à un même support physique de porter l'adhésion, l'achat, la monnaie locale et la monnaie temps de valorisation du bénévolat. L'outil exporte également les écritures comptables au format FEC, conforme aux exigences de la Direction Générale des Finances Publiques.
Une infrastructure technique qui rend l'interopérabilité naturelle
Les deux plateformes partagent la même pile technique — Django, PostgreSQL, Docker — ce qui rend l'interopérabilité techniquement réaliste, et non hypothétique. Les équipes des deux structures se retrouvent déjà chaque mois pour des journées de travail communes, à Lyon, depuis plusieurs mois. Les premières passerelles fonctionnelles sont déjà amorcées sur la gestion des adhésions.
Le carnet de santé des objets — traçabilité, base de connaissance et formation continue
Au cœur de la plateforme Reparons.org, le carnet de santé documente la trajectoire de chaque objet qui passe entre les mains des ateliers ou des équipes de ressourcerie : symptômes constatés, diagnostic posé, pièces remplacées, gestes de réparation effectués, résultat obtenu. Cette traçabilité a une triple valeur.
Pour l'objet, une seconde vie documentée. Chaque appareil réparé est accompagné de son historique technique, ce qui valorise sa revente, rassure l'acheteur, et permet d'intervenir à nouveau efficacement en cas de panne ultérieure.
Pour le réseau, une base de connaissance vivante. L'agrégation des carnets de santé à l'échelle des 21 organisations utilisatrices alimente une base de données des pannes récurrentes par modèle d'appareil, des solutions de réparation efficaces, et des composants à risque. Le système peut ainsi suggérer en temps réel les diagnostics et les gestes les plus probables quand un nouvel appareil arrive en atelier — une fonction de copilote technique qui s'enrichit à mesure que la communauté contribue.
Pour les agents et les bénévoles, un outil de formation continue. Les salariés en insertion des ressourceries sont précisément les premiers bénéficiaires de cette base : la suggestion contextuelle de diagnostics et de solutions accélère leur montée en compétence sur le terrain, sans dépendre de la disponibilité d'un formateur. L'outil s'inscrit ainsi dans la trajectoire de professionnalisation du métier de réparateur déjà engagée par le RNRR avec les titres professionnels validés par France Compétences (« Agent de valorisation des biens de consommation courante », « Technicien polyvalent du réemploi »).
Un agenda fédéré pour rendre les ateliers visibles et recruter
Les ressourceries animent un nombre croissant d'ateliers participatifs à destination de leurs publics : co-réparation, customisation, sensibilisation à la sobriété, animations scolaires, formations bénévoles. Mais les structures peinent à donner de la visibilité à ces actions et à recruter les participants comme les bénévoles. Chacune communique sur son propre site, sa propre page de réseau social, son propre tract — avec des moyens de communication réduits et un public limité au territoire immédiat.
L'agenda fédéré de TiBillet, déjà éprouvé sur les réseaux des tiers-lieux français, agrège dans une interface unique l'ensemble des événements organisés par les structures partenaires d'un même réseau. Une personne peut ainsi découvrir, à l'échelle d'un département ou d'une région, l'ensemble des ateliers de réparation, des bourses aux objets, des animations en ressourcerie. Pour la structure organisatrice, c'est l'assurance d'une diffusion mutualisée sans charge de communication supplémentaire ; pour le public, c'est la possibilité de trouver et de réserver simplement ce qui se passe près de chez lui.
Ce que l'interopérabilité change concrètement pour une ressourcerie
Une ressourcerie qui déploie l'ensemble Reparons.org × TiBillet dispose d'un outil unique pour gérer la totalité de son activité quotidienne. Quand un objet est donné, il entre dans l'inventaire. Quand il est réparé, son carnet de santé est documenté. Quand il est vendu, la caisse enregistre la transaction et l'écriture comptable est produite automatiquement. Quand un bénévole donne du temps, ce temps est valorisé sur sa carte sans contact, et peut être réinvesti dans la structure. Quand un atelier de réparation est organisé, les inscriptions et les adhésions sont gérées sans saisie redondante, et l'événement est diffusé sur l'agenda fédéré du réseau. La donnée d'activité est produite à la source, et peut alimenter directement l'observatoire national du RNRR.
C'est cette continuité de l'usage, aujourd'hui éclatée entre cinq logiciels qui ne se parlent pas, que le projet vient construire.
4. La méthode — co-construire avec celles et ceux qui s'en servent
Une posture politique assumée
Nous ne sommes pas une startup qui vend un outil aux associations. Nous sommes deux structures qui développent des communs numériques avec et dans les associations qui les utilisent. Cette distinction est fondamentale.
Le code de TiBillet et de Reparons.org n'est pas écrit sur les idées de leurs développeurs. Il est écrit à partir des besoins remontés par les lieux, les ateliers, les festivals et les associations qui s'en servent. Quand trois ou quatre structures expriment un même besoin, le développement est lancé. Quand un lieu utilisateur contribue lui-même au code, sa contribution est intégrée à la version commune. Nous n'avons pas d'utilisateurs. Nous avons des contributeur·ices.
Un logiciel conçu selon les principes du « Facile à lire et à comprendre »
Les salariés en insertion et les bénévoles des ressourceries ne sont pas des informaticiens. Beaucoup connaissent la fracture numérique de l'intérieur. L'accessibilité de l'outil n'est pas un bonus ergonomique : c'est une condition de l'inclusion.
Le logiciel issu de ce projet sera conçu selon les principes du « Facile à lire et à comprendre » (FALC), méthode de référence pour rendre l'information accessible aux personnes en situation de handicap cognitif, aux personnes peu à l'aise avec l'écrit, et plus largement à toute personne en situation de fracture numérique. Concrètement, cela se traduit dans l'interface par : phrases courtes, vocabulaire simple, parcours utilisateur explicites, absence de jargon technique, pictogrammes lisibles, contrastes renforcés. La conformité aux référentiels d'accessibilité numérique (RGAA, WCAG) est intégrée dès la conception, pas ajoutée après coup.
Un soutien aux modes d'organisation horizontaux
Les structures de l'économie sociale et solidaire qui nous accompagnent fonctionnent en gouvernance partagée et en organisation horizontale. Or les logiciels du marché — y compris des solutions libres comme Odoo — sont imprégnés du modèle hiérarchique : une note de frais doit être validée avant d'être réglée, un rôle doit être attribué pour qu'une décision soit prise. Cette logique est étrangère à la réalité des collectifs autogestionnaires.
Le projet construit explicitement des outils qui respectent les modes d'organisation horizontaux : circulation libre de l'information, prise de décision distribuée entre rôles plutôt que concentrée dans des fonctions, transparence par défaut.
Une démarche en trois temps, ancrée sur le terrain
La conduite du projet repose sur trois étapes complémentaires.
Le recensement des besoins. Un questionnaire de diagnostic des usages numériques sera diffusé aux ressourceries volontaires. Il sera suivi de temps d'échange directs avec les équipes salariées et bénévoles, pour calibrer précisément le périmètre fonctionnel à intégrer dans la première version installée. Ce travail s'appuie sur les cahiers des charges déjà rédigés par certaines structures partenaires, notamment l'Oasis du Coq à l'Âme.
Le développement de l'interopérabilité. Les deux équipes techniques travaillent ensemble pour construire les passerelles entre les deux plateformes : authentification commune, partage des fiches d'objet entre suivi de réparation et caisse, agenda unifié pour les ateliers, comptes adhérents synchronisés, base de données commune des structures et des bénévoles.
Le déploiement et l'accompagnement. Cinq à dix ressourceries pilotes, réparties sur deux territoires distincts, déploient la solution complète. Chaque déploiement donne lieu à un accompagnement humain, à la production de tutoriels et de guides, et à un retour d'expérience qui nourrit la version commune. L'objectif n'est pas seulement de livrer un outil : c'est de constituer un noyau de structures contributrices qui essaiment ensuite la solution dans le reste du réseau.
5. Les bénéficiaires — un public en trois cercles
Le projet bénéficie à trois publics imbriqués, tous concernés à des degrés divers par la précarité.
Les publics finaux des ressourceries et des ateliers de réparation. Personnes en grande précarité, jeunes, personnes isolées, ménages monoparentaux, personnes en situation de handicap, personnes en zone rurale isolée. Pour ces publics, l'outil rend visible le travail des structures qui les accueillent, facilite l'accès aux objets réparés, et valorise leur participation aux ateliers via la monnaie temps. Le RNRR estime à 3,5 millions le nombre de bénéficiaires touchés annuellement par le réseau.
Les salariés en insertion des structures, dont 62 % au sein du RNRR sont en parcours d'insertion par l'activité économique. Soit plus de 4 300 salariés en insertion sur l'ensemble du réseau. Pour eux, le projet construit un environnement de travail numérique pensé pour leur autonomie, conforme aux principes FALC, qui ne fait pas de la maîtrise du numérique un préalable à l'exercice du métier. La base de connaissance issue du carnet de santé constitue par ailleurs un outil de formation continue au geste de réparation, en complément des titres professionnels validés par France Compétences.
Les structures associatives elles-mêmes, en tension économique permanente. Pour elles, le projet substitue à des abonnements logiciels coûteux (plus de 4 000 €/an pour la seule comptabilité chez les éditeurs propriétaires) un commun numérique gratuit, qui allège leur modèle économique et leur permet de réinvestir ces marges dans leurs missions sociales et environnementales.
6. La solidité du portage — trois structures, vingt années d'expérience cumulée
Le projet est co-porté par trois structures complémentaires, dont l'expérience cumulée et les soutiens institutionnels passés constituent une garantie pour le financeur.
L'Atelier Soudé — porteur du dossier
Association loi 1901 créée fin 2015 à La Myne (Villeurbanne), aujourd'hui implantée à Lyon 7e. Dix ans d'existence, plus de 5 000 adhérent·es touché·es depuis sa création. Activités : ateliers de co-réparation électronique, atelier couture, programme de reconditionnement Linux pour publics précaires.
Soutiens institutionnels passés : ADEME (2017-2020), Fondation Free (2021), marché public de la Métropole de Lyon pour l'animation grand public, partenariat HCL avec 3 000 ordinateurs reconditionnés. Membre du RNRR.
Code Commun (SCIC) — co-portage technique
Société coopérative d'intérêt collectif fondée en 2020. Spécialisée dans la fabrication de communs numériques pour le secteur culturel, associatif et coopératif. Gouvernance à trois collèges : animateurs, contributeurs, utilisateurs.
Soutiens institutionnels passés : France 2030 « Billetterie innovante » (lauréat), France Tiers-Lieux, Appels à Communs, Ministère de la Culture. Total des financements publics obtenus depuis 2020 : environ 400 000 euros de subventions, gérés sans incident.
Réseaux partenaires : ANTL, La Rosée, La Compagnie des Tiers-Lieux, Relief, La Réunion des Tiers Lieux, France Tiers Lieux.
Réseau National des Ressourceries et Recycleries (RNRR) — co-portage et co-financement
Association créée en 2000, vingt-cinq ans d'existence. Fédère 305 structures adhérentes réparties en 9 associations régionales. Équipe nationale de 10 salariés. Siège à Paris, 62 bis rue de Mouzaïa.
Chiffres consolidés du réseau : 7 000 salariés (dont 62 % en insertion), 4 000 bénévoles, 3,5 millions de bénéficiaires, plus de 25 000 tonnes d'objets réemployés annuellement.
Reconnaissance institutionnelle : titres professionnels validés par France Compétences (« Agent de valorisation des biens de consommation courante », « Technicien polyvalent du réemploi »), accord-cadre avec l'éco-organisme Ecologic dans le cadre des Fonds réemploi EEE, conventions avec Refashion, membre de l'Union du Réemploi Solidaire (2 000 structures avec Emmaüs, Envie, ESS France, L'Heureux Cyclage, COORACE). Activités de plaidoyer national reconnues sur la loi AGEC, la loi anti-fast-fashion et le projet de loi économie circulaire.
Le RNRR s'engage en co-financeur du projet, et inscrit l'outillage numérique de ses adhérents dans sa feuille de route stratégique.
7. L'écosystème — un projet qui s'inscrit dans un mouvement plus large
Le projet n'est pas isolé. Il s'inscrit dans une dynamique d'interopérabilité des outils libres au service de la transition écologique et sociale, déjà engagée à plusieurs endroits.
Un observatoire vivant du réemploi solidaire
TiBillet alimente déjà les données vivantes et l'open data du réseau des tiers-lieux français en partenariat avec France Tiers-Lieux. Étendre cette infrastructure aux ressourceries permet de doter le secteur du réemploi solidaire d'un observatoire en temps réel, alimenté à la source par l'activité des structures elles-mêmes — exactement la fonction que le RNRR cherche à industrialiser pour son observatoire national, aujourd'hui rempli manuellement par chaque adhérent à partir d'un questionnaire de 150 questions.
L'observatoire produit serait beaucoup plus large que les seules données de réparation. À partir de l'activité quotidienne des structures, il agrège automatiquement plusieurs familles d'indicateurs.
Indicateurs d'activité : nombre d'ateliers organisés, nombre de participants, nombre de bénévoles mobilisés, heures de bénévolat valorisées en monnaie temps, nombre d'adhésions, nombre de visites en ressourcerie.
Indicateurs d'impact environnemental : tonnes de déchets évités, tonnes d'objets réemployés, taux de réemploi par flux (textile, électronique, mobilier, jouets), nombre d'appareils réparés, nombre d'appareils détournés du déchet.
Indicateurs sociaux et de compétences : nombre de salariés en insertion accompagnés, parcours de formation suivis, gestes techniques maîtrisés, compétences acquises documentées par le carnet de santé. Cette mise en avant des compétences transférables (logistique, vente, diagnostic, relation client, savoir-faire de réparation) est un appui direct aux trajectoires d'insertion professionnelle.
Indicateurs économiques : chiffre d'affaires solidaire, monnaie locale captée, monnaie temps émise, flux financiers ancrés dans le territoire.
Cet observatoire ouvert nourrit à la fois le pilotage interne des structures, les rapports d'activité demandés par les financeurs publics, le plaidoyer national du RNRR auprès des pouvoirs publics, et la communication grand public sur l'utilité sociale et environnementale du réemploi solidaire.
Avec les infrastructures d'auto-hébergement souverain
L'écosystème YunoHost — solution d'auto-hébergement libre soutenue par une communauté solide, intégrée dans la plupart des CHATONS (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) — constitue le déploiement cible. Les ressourceries pourront installer leur propre instance, ou s'appuyer sur un hébergeur de confiance de leur territoire. La souveraineté numérique n'est pas une option : c'est un acquis dès le premier jour.
8. La cohérence avec les axes de la Fondation AFNIC
Le projet répond directement aux cinq axes de l'appel à projets 2026.
Apporter des solutions innovantes aux personnes fragiles et précaires. Le projet outille des structures dont 62 % des salariés sont en insertion, et qui touchent annuellement 3,5 millions de bénéficiaires souvent en situation de précarité, dans les domaines de l'insertion professionnelle, de l'accès aux objets d'équipement à prix solidaire, et de la sensibilisation à la consommation responsable. La base de connaissance des réparations renforce de surcroît la formation continue des agents en parcours d'insertion.
Contribuer à la prise en compte des enjeux environnementaux. Le projet outille directement le secteur du réemploi solidaire — plus de 25 000 tonnes d'objets sauvés du déchet chaque année par le seul réseau RNRR — et contribue donc à la sobriété matérielle, à la réduction des déchets et à la lutte contre l'obsolescence programmée. Le développement des outils libres en lieu et place de SaaS commerciaux énergivores participe aussi à la sobriété numérique.
Accompagner la transformation numérique des professionnels du secteur de l'intérêt général. Le projet accompagne explicitement la transition des outils numériques des associations de l'ESS, en substituant à des abonnements propriétaires coûteux un commun numérique libre et gratuit.
Permettre aux usagers d'effectuer des choix éclairés. Le carnet de santé des objets et la traçabilité des réparations permettent au public final de comprendre la valeur du travail effectué sur un objet réemployé, et de mesurer l'impact écologique de son choix d'achat. L'observatoire ouvert et les indicateurs d'impact rendent par ailleurs visibles, à l'échelle d'un territoire, les bénéfices environnementaux et sociaux du réemploi. Le développement de l'esprit critique sur la consommation est au cœur de la mission de sensibilisation des ressourceries.
Changer d'échelle, polliniser, essaimer. Le projet repose sur un réseau identifié de 305 structures fédérées au sein du RNRR, présentes sur l'ensemble du territoire métropolitain et ultramarin. Le caractère libre du logiciel, la documentation produite et la posture coopérative des porteurs garantissent l'essaimage continu vers d'autres réseaux : tiers-lieux, éco-lieux, ateliers de réparation, bibliothèques d'objets, recycleries spécialisées.
9. Pourquoi ce projet mérite d'être soutenu
Le dossier que nous présentons combine des caractéristiques rarement réunies dans un projet d'innovation numérique d'intérêt général.
Le risque est faible. Les outils existent, les équipes existent, les utilisateurs existent. Le financement ne sert pas à valider un pari, mais à intégrer deux infrastructures éprouvées au service d'un réseau identifié.
L'impact potentiel est élevé. 305 structures du RNRR, 7 000 salariés dont 62 % en insertion, 3,5 millions de bénéficiaires annuels, 25 000 tonnes d'objets réemployés. Et au-delà : tiers-lieux, éco-lieux, ateliers de réparation, bibliothèques d'objets — un écosystème de plusieurs milliers de structures.
La validation institutionnelle est massive. ADEME, Fondation Free, Métropole de Lyon, France 2030, France Tiers-Lieux, Ministère de la Culture, France Compétences, Ecologic, Refashion — tous ont déjà soutenu, à un titre ou à un autre, l'une ou l'autre des trois structures qui co-portent ce projet.
La gouvernance est saine. SCIC à trois collèges côté Code Commun, association d'intérêt général côté Atelier Soudé, fédération nationale reconnue côté RNRR. Aucune structure capitalistique, aucun intérêt privé, aucune captation possible du commun produit.
La cohérence avec les axes AFNIC est totale. Précarité, environnement, transformation numérique de l'intérêt général, choix éclairés des usagers, essaimage : les cinq axes de l'appel sont couverts.
Soutenir ce projet, c'est outiller le mouvement français du réemploi solidaire avec une infrastructure numérique souveraine, libre, accessible et durable.
Contacts
Atelier Soudé — porteur du dossier Camille Bouchinet — camille.bouchinet@atelier-soude.fr — 06 62 59 25 76 Clément Poudret — clement.poudret@atelier-soude.fr
Code Commun SCIC — co-portage technique (TiBillet) Jonas Turbeaux — contact@tibillet.re
RNRR — co-portage et co-financement Antoine — antoine@rdevolution.org — 07 82 07 28 99 Uto — contact@rdevolution.org
Date limite de dépôt AFNIC 2026 : 7 mai 2026 avant 12h00 Démarrage des actions financées : à partir de janvier 2027 Durée prévisionnelle : 18 à 24 mois